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Arnaud de Lassus, hommage et respectueuse gratitude

Nous connaissons Arnaud de Lassus depuis de bien longues années. Tout ce qu’il faut savoir de lui est exprimé bien mieux que nous ne l’aurions fait dans les lignes suivantes, par le prêtre qui a prononcé l’homélie lors de la messe de ses funérailles, puis par son fils aîné, Yves.

Nous désirons, très simplement, dans cette présentation, lui adresser toute la reconnaissance que nous lui devons, en tant qu’humbles militants (depuis maintenant plus d’un demi-siècle) de la diffusion et la publication de livres, articles, documents et écrits sur des thèmes qu’il affectionnait tant. Car l’histoire ne trompe jamais, dès lors que ceux qui s’en font les propagateurs ne la déforment pas, ne la falsifient pas et ne lui font pas dire l’inverse de ce que furent ou sont les événements que nous sommes amenés à relater ou commenter. Arnaud de Lassus était l’une de ces rares personnes qui n’ont jamais frelaté la vérité. C’est en cela que nous nous sentons proches de lui qui a toujours fait preuve d’un jugement sûr, tout en nous encourageant, nous soutenant et nous confortant dans la ligne que nous avons décidé de suivre et à laquelle nous sommes restés indéfectiblement fidèles.

Nous sommes des conservateurs (dans le sens étymologique du terme) et des archivistes. Nous avons compilé et classé, depuis notre naissance (en 1966) la quasi­totalité des documents qui nous sont parvenus (journaux, courriers, brochures, livres, exposés et même les simples commandes de nos clients) ce qui représente certainement des centaines de milliers de dossiers, triés et organisés. De la sorte, nous sommes en mesure de consulter, sans trop de difficulté, tout ce que nous avons reçu. Ainsi nous est-il relativement aisé de reconstituer les itinéraires et cheminements de la plupart de nos correspondants. C’est, bien entendu, le cas, en cette circonstance, pour évoquer l’origine de nos relations avec Arnaud de Lassus, quand, en 1974 (il y a plus de 40 ans), il avait passé sa toute première commande à nos services (un livre de Pierre Virion, Le nouvel ordre du monde). Depuis cette date, et pendant les quatre décennies qui ont suivi, il est resté, sans discontinuer, très fidèlement et régulièrement abonné à nos deux publications, Lecture et Tradition, d’abord, puis Lectures françaises (dès que Henry Coston nous l’eut cédée, en 1977).

Et puis, peu à peu, nos liens se sont resserrés et les relations se firent plus fréquentes et régulières : dès 1983, il répondit bien volontiers à notre invitation pour venir assister, pour la première fois, à nos Journées Chouannes. Depuis, en trente ans (jusqu’en 2013), il n’en a pas manqué beaucoup (peut-être à peine une demi-douzaine, au total !), acceptant même de prendre la parole à la tribune de certaines d’entre elles :

Ce fut seulement pour les deux dernières années (2015 et 2016) qu’il ne put se déplacer, en raison de son état de santé.

Par ailleurs, lorsque nous avions lancé notre série des Cahiers de Chiré (en 1986), il figurait parmi les rédacteurs du premier d’entre eux, avec un texte qui « allait droit au but », sans équivoque ni faux-semblant : Mythe et réalité du Concile Vatican II, dans lequel nous pouvions lire : « Pendant vingt ans, de multiples déclarations (officielles, pontificales, épiscopales, synodales, etc.) ont contribué à créer ce que l’on pourrait appeler « le mythe du Concile », autrement dit une image du Concile inadéquate à la réalité […] En somme, nous avons affaire à une gigantesque désinformation qui dure depuis vingt ans. Il faut la faire cesser avec les moyens que nous avons, qui sont loin d’être négligeables, mais restent trop peu utilisés ».

Ensuite, il nous a offert trois autres contributions:

  • La Prolifération de l’occultisme (« Cahier » n° 6, 1991).
  • Réflexions sur le cléricalisme : le cas de l’Action française (« Cahier » n° 10, 1995).
  • Trois voies pour le retour du peuple juif dans l’histoire  (« Cahier » n° 18,  2003).

Tout ceci confirme bien les liens que nous avions noués avec Arnaud de Lassus et qui ne se sont jamais distendus. Au même titre que les autres grandes figures de sa génération (Madiran, Ousset, Brigneau, Coston, Ploncard d’Assac et bien d’autres) et, ce, dans la lignée des personnalités (religieux, écrivains, philosophes contrerévolutionnaires) se rattachant à l’École antilibérale du XIXe siècle et du début du XXe siècle, nous nous considérons comme leurs disciples. Ils nous ont montré la ligne à suivre ; nous nous sommes efforcés de ne pas nous en détourner. Si nous poursuivons aujourd’hui ce qu’ils ont entrepris avant nous, c’est que nous leur devons tout. Ils sont pour nous ces guides, ces modèles, ces phares qui, hélas, manquent de plus en plus dans notre monde contemporain qui, à vue humaine, semble partir à la dérive pour échouer vers un désastreux naufrage.

Nous vous saluons donc, Monsieur, avec toute la révérence qui vous est due et la respectueuse gratitude qui nous font nous incliner devant vous avec une infinie reconnaissance.

Jérôme SEGUIN

 

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